26 juin 2017

Le masque du Développement Durable tombe enfin !

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Un document de travail interministériel envisage de revenir sur l'interdiction d'utiliser des néonicotinoïdes, une famille de pesticides aussi appelés "tueurs d'abeilles".
La France faisait office d'exception car ces agents représentent près de 40% des pesticides utilisés dans le monde. Seulement voilà, la législation européenne non seulement autorise les néonicotinoïdes mais refuse la possibilité d'un état membre de l'interdire.

La promesse électorale d'Emmanuel MACRON était de ne pas lâcher de lest quant à la politique environnementale de la France, une de ses premières mesures sera d'autoriser l'utilisation des "tueurs d'abeilles".
Ce matin sur RMC face à Jean-Jacques BOURDIN, le nouveau ministre de l'agriculture, Stéphane TRAVERT a du mal à tenir sa langue de bois, il donne toutefois les vraies raisons de cette orientation :
  1. Conformer le droit français au droit européen (ce dernier étant prépondérant), 
  2. Préserver les rendements de production agricole face au défi démographique actuel et à venir,
  3. L'absence de substitut à ces molécules, justifiant ainsi leur emploi intensif.
Le Président MACRON entend donc mener une politique environnementale faisant fi des considérations environnementalistes ! Du pur génie ? Non, à mon sens c'est l'essence-même du Développement Durable...

Voici enfin au grand jour le vrai visage du Développement Durable promu par nos gouvernants : un concept mondialiste, régie par l'impératif technique d'entretenir 7 Mds d'humains.

"Make our planet great again" comme il disait...

GF
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2 août 2016

Alphabet aux commandes de la Technosociété

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J'ai relu récemment une interview de février 2014 parue dans le Journal du Dimanche de Laurent ALEXANDRE, Co-fondateur de Doctissimo et de DNA-Vision, et expert dans les technologies NBIC* qui ouvrent sur l'intelligence artificielle et le transhumanisme. Il y évoque le fond philosophique ainsi que la stratégie d'Alphabet (la holding propriétaire de Google) qui devrait mener le géant du numérique vers l'omniscience d'ici à quelques dizaines d'années.

Alphabet serait-elle le Grand Agenceur de la Technosociété ?
On en discute.


D'après Laurent ALEXANDRE, l'objectif de longue date de Google est de faire muter son célèbre moteur de recherche en intelligence artificielle. L'intelligence artificielle sera la rupture technologique décisive qui contrôlera toute l'industrie du 21e siècle. Pourtant, ce projet semble plus philosophique qu'industriel : à terme, la machine contrôlera la machine, donc la production humaine, donc les hommes.


24 juin 2016

Le #Brexit : un affront à la Technosociété ?

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Stupeur dans les médias et sur les marchés boursiers : le peuple anglais a voté pour la sortie du Royaume Uni de l'Union Européenne. C'est le tant redouté "Brexit".

Stupeur car les mamamouchis de tous pays et les grands médias faiseurs d'abrutis nous ont toujours soutenu que l'Europe était l'Alpha et l'Oméga de la civilisation occidentale. Il s'en étaient même persuadés à tel point que le Brexit était devenu une légende, le grand méchant loup destinée à effrayer les petites gens trop attachées à leurs cultures ancestrales. Tout le monde imaginait que le "In" remporterait le scrutin, même d'une courte tête : on se serait fait peur jusqu'au bout mais au final la raison aurait triomphé et la belle histoire aurait continué.
Mais c'est un fait, l'Europe s'est construite en dépit, voire au détriment des peuples. Ceux-ci ont décidé de réagir.
Essayons d'y voir une opportunité de rediscuter l'idéal européen, de le revoir en concertation avec les peuples et dans le respect des cultures traditionnelles. Essayons.

A travers le prisme de la Technosociété, nous pouvons voir les choses autrement : le Brexit ne symboliserait-il pas la révolte des hommes face au système technicien ?
Le phénomène technique, selon J. Ellul, a besoin d'un cadre politique et économique le plus large, le plus stable et le plus accommodant possible pour se développer. L'Europe est de toute évidence un de ces cadres.
Dès sa création, l'Europe a été pensée comme un système totalitaire, d'inspiration technocratique, tendant à l'assimilation des peuples : destruction des Etats-nations et des souverainetés nationales, harmonisation des pratiques économiques, politiques et culturelles. Bref, une déshumanisation des sociétés européennes, déshumanisation nécessaire au déploiement du phénomène technique.
Les troubles sociaux qui agitent la plupart des pays européens actuellement sont symptomatiques du gouffre existant entre les aspirations humaines et le développement sociétal. Une sorte de crise d'adolescence à laquelle il n'existe que deux solutions : accepter l'autorité parentale ou quitter le foyer.
Les anglais ont choisi - pardon, LE PEUPLE anglais a choisi - ceci marquant peut-être le début d'une réaction populaire face à l'absolutisme technocratique européen.
Voici le sens de mon interrogation.

D'un parfum de liberté, mais sûrement éphémère devant la résilience de la Technosociété.

GF
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30 oct. 2015

La technosociété (6) : la Révolution Industrielle

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"La philosophie du 18e siècle est favorable aux applications techniques. Elle est naturaliste, utilitaire et pratique(...). Le but de la science apparaît bien ainsi fixé par la philosophie."

Jacques Ellul dit :


   - Que la Révolution Industrielle est seulement un aspect d'un mouvement plus vaste qu'est la Révolution Technique ;
   - Que l'essence de cette Révolution Technique est l'application de la technique à tous les domaines de la société ;
   - Qu'un nouveau monde naît de cette révolution, sous-tendu par cinq phénomènes concomitants : la maturation technique, l'accroissement démographique, l'aptitude économique, l'aptitude sociale, la volonté politique.


La Révolution Industrielle


On appelle couramment « Révolution Industrielle » l'ère du développement des machines. C'est prendre le spectacle de la technique pour une réalité. En fait, la Révolution Industrielle n'est qu'un aspect de la Révolution Technique.
Pour Mumford, la clef de cette révolution se situe dans les variations de l'utilisation de l'énergie. C'est évidemment réducteur. Jusqu'à 1750 on ne connait que la force musculaire et l'énergie hydraulique, de 1750 à 1880 on utilise surtout la vapeur issue de la combustion du charbon, ensuite vient l'ère de l'électricité, puis celle de la fission nucléaire. Pour Wiener, il y a deux révolutions : une qui a consisté au remplacement du muscle de l'homme par la machine, et une qui consiste au remplacement du cerveau par l'informatique. Encore une fois, c'est restreindre la technique à la machine.
La réalité est qu'on a assisté, à partir de la Révolution Française, à l'application de la technique à tous les domaines de la vie : la création d'un Etat organisé (codes Napoléon), la création d'une technique militaire avec Frédéric II et Napoléon Ier, la création d'une technique économique avec les physiocrates et les libéraux, la recherche de la rationalisation dans tous les processus de production. Ainsi tout doit servir selon les nouvelles règles de la technique imposée.
La Révolution Technique est ce grand travail de rationalisation, d'unification et de clarification : au niveau social, au niveau juridique, au niveau politique et militaire, au niveau économique, au niveau des poids et mesures... L'essor mécanique global provenant de l'usage de l'énergie arrive après ces techniques.
  • C'est alors le triomphe du cartésianisme, Descartes n'ayant pas laissé une philosophie, mais bel et bien une technique de raisonnement.

Mais alors pourquoi n'est-ce qu'au 19e siècle que la plupart des inventions ont été adoptées dans la vie pratique ? Souvenons-nous que Léonard de Vinci a inventé beaucoup d'appareils utiles (réveille-matin, dévideur de soie par ex.) et de perfectionnements techniques (navire à double coque, verrouillage des canons par la culasse, engrenages coniques, coussinet antifriction), pourquoi n'ont-ils pas été développés ?
Au 19e siècle, les scientifiques (qui sont de moins en moins des « savants ») prennent conscience à la fois des nouvelles matières premières à leurs disposition, mais aussi des nouveaux besoins auxquels il faut répondre : les recherches sont délibérément orientées vers l'application technique (notons que Pasteur, initialement chimiste, a été poussé vers la microbiologie sous la pression des négociants en vins et des éleveurs de vers à soie).
C'est donc le début de l'asservissement de la science à la technique, condition déterminante du progrès technique. Ce sera toute l'histoire du 20e siècle.


7 avr. 2015

Technosociété et intégrisme laïcard

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Voici l'affiche que vous avez failli ne pas voir dans le métro parisien. Pourquoi ? parce que la RATP avait exigé le retrait de la mention "pour les chrétiens d'orient", jugée contraire au principe de Laïcité. Cette décision est-elle raisonnable ? Selon les croyances, les penchants laïcs et le degré de radicalisme de chacun, certains jugeront que oui - d'autre que non. Il y a débat. En tout cas, même si elle arrive un peu tard, la décision de l'autoriser a finalement été prise.
Mais suite à cette affaire je pose une question : au nom de quelle Laïcité peut-on censurer l'humanisme et la charité, fussent-ils d'inspiration religieuse ?

La Laïcité doit-elle prôner la tolérance ou la censure ? Au final, la Laïcité est-ce être tous ensemble ou être chacun chez soi ? Ce que j'observe, c'est que ce principe est compris par très peu de monde et ainsi fait la joie de tous les imbéciles heureux de France qui brandissent le sacrosaint principe de Laïcité dès la moindre intrusion du spirituel dans la vie publique.
Les croyants de tous poils seront-ils un jour réduits à la clandestinité comme l'ont été les républicains avant la Révolution française ? Et du coup, doit-on y voir une revanche de ces derniers ? à méditer. Mais cette Laïcité ainsi imposée comme principe m'a tout l'air d'être devenue elle-même une religion : la religion républicaine en somme.
Si la religion a été qualifiée "d'opium du peuple", je considère que la Laïcité est un narcotique, l'anesthésique de toute philosophie religieuse.

De façon plus prosaïque je considère la Laïcité comme l'arme de destruction massive au profit de la technosociété contre les religions et ce qu'elles véhiculent. Ainsi cette Laïcité portée par des républicains technocrates et intégristes entend étouffer toutes manifestations spirituelles ou identitaires dans notre société, et pour cause : la spiritualité (religieuse ou pas) est la dernière chose qui reste au citoyen pour s'affirmer en tant qu'être humain. Et souvenez-vous que l'homme est un facteur limitant du phénomène technique, un facteur limitant du développement sociétal donc...

Que faire ? pour ma part je rêve du jour - Inch'Allah - où l'homme entrera en résistance contre la technosociété, la Laïcité est peut-être un avatars de cette dernière.

GF
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Un article de l'Express sur le sujet

4 août 2014

La technosociété (5) : histoire médiévale de la technique

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"L'Occident a une prodigieuse avance technique aujourd'hui. On ne peut admettre que le Christianisme soit un facteur négligeable dans cette puissance"

Jacques Ellul dit :

   - Qu'au Moyen-Âge, la société européenne est dénuée de toute volonté technique ;
   - Que le Christianisme et son cadre moral est la principale cause du frein mis au développement de la technique ;
   - Que néanmoins le Christianisme, durant la Renaissance, permet le développement scientifique et social qui constituera le terreau de la future Révolution Industrielle.


Christianisme et technique

Entre le 4e et 14e siècle, la technique semble s'effacer. Suite à la chute de l'empire romain, le monde occidental (sous l'emprise chrétienne) a mépriser les techniques juridique et administrative. La société est alors régie par la loi divine. Il est important de noter que la société est néanmoins cohérente, elle est cohérente mais reste désorganisée et coutumière.

5 mai 2014

A quoi reconnait-on une démocratie ?

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Ce que j'aime par-dessus tout dans la démocratie - toute ironie mis à part - c'est qu'on peut diffuser sur une chaîne parlementaire un reportage bien documenté (césar 2013 du film documentaire !) sur la connivence découlant d'intérêts croisés entre le monde politique, le monde des affaires et les médias, ces derniers n'ayant jamais eu un rôle d'information mais de pure propagande et d'asservissement. Le tout conté avec un cynisme à toute épreuve, sans que ceci ne déclenche une quelconque révolte citoyenne. Quelle puissance de la démocratie !

Et oui, ce que j'aime par-dessus tout dans la démocratie, c'est son cynisme. Sa stratégie et sa technique sont tellement performantes qu'elle peut se permettre d'expliquer dans les moindres détails comment on abrutit les masses à coup de propagande masquée pour enfin mener le troupeau vers l'idéal sociétal : le consumérisme écervelé.
Les médias, l'artillerie lourde de nos gouvernants, nous enferment intellectuellement mais également physiquement. Nous ne pensons et vivons que par la main du maître, telles des marionnettes. Je doute d'ailleurs que les puissants aient réellement conscience de cet état de fait, eux-mêmes semblent avoir perdu leur libre arbitre...

Tout ceci n'est pas nouveau, une montagne de références plus ou moins dissidentes (depuis le 19e siècle !) nous explique, nous prévient, nous indique le chemin que prend la société vers la déshumanisation morale et bientôt physique. Nous n'entendons rien, nous suivons doctement. Quelle puissance ! Je suis fasciné.
Notre société est autocratique et autocentrée, c'est la technosociété, nous ne pouvons sortir du cadre défini. Peut-être que de s'y conformer reste la voie la plus intelligente, finalement.

GF
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"Les nouveaux chiens de garde"(2012), diffusé sur LCP le 4 mai 2014 20h30