5 mai 2012

La 3e révolution industrielle : entre prospective et propagande (2/2)

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Pour récapituler le billet précédent : J. Rifkin considère qu'une révolution industrielle se caractérise par l'arrivée conjointe (1) d'un nouvel outil, (2) d'une nouvelle source d'énergie et (3) d'un nouveau mode de communication. Parfait, y a plus qu'à remplir les cases : pour la 3e, c'est (1) l'informatique, (2) les énergies renouvelables et (3) les réseaux sociaux.
Nous avons déjà discuté le non sens que représente l'idée même de 3e révolution industrielle, dans ce second billet nous envisageons désormais la 3e révolution industrielle comme une tromperie idéologique.

J. Rifkin, prophète en son pays

Ce qui m'interpelle en premier lieu, c'est le simplisme abrutissant de la thèse de départ : on y ressasse les poncifs autour du réchauffement climatique, de l'effondrement d'un système économique basé sur les énergies fossiles et du retour de la technosociété occidentale comme guide salvateur. J'ai l'impression de ré-entendre l'apocalypse selon St Al Gore, pas vous ?
Autre platitude démagogique : l'utopie d'une société basée sur une énergie gratuite et accessible pour tous. J. Rifkin prône l'avènement des énergies renouvelables qui marquera une ère de "dés-urbanisation" du fait d'une décentralisation des sources d'énergies (chaque citoyen deviendrait producteur d'énergie qu'il partagera sur le web). Ne sommes nous pas dans une sorte de 'populisme énergétique' ? Les citoyens se tourneraient eux-mêmes vers les énergies renouvelables du fait de la prise de conscience collective de la question écologique. L'idée est intéressante, mais à trop imaginer le futur, J. Rifkin regarde-t-il le présent ? la tendance actuelle est plutôt à la construction de centrales à charbon... Passons.
jeremy rifkin

La 3e révolution industrielle serait donc conséquente à l'émergence d'une société altruiste et connectée. Rectification : altruiste CAR connectée, une fadaise dans l'air du temps.
J. Rifkin manipule les concepts de latéralité, de communauté cybernétique, de village global... Que penser de ce « modèle social coopératif » qui en première approximation ressemble à un amalgame grotesque récupérant les tendances réelles qui animent la génération connectée ? a-t-il seulement compris ce qu'est le web communautaire ? A première vue, je préfère considérer sa 3e révolution industrielle comme une Nième théorie à la mormoil' qui relèvent plus du 'facebookisme' que de l'analyse sociétale. Mais ceci n'engage que moi... et qu'à première vue.